Ce matin, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres le New Standpoints de Septembre qui reprend un article publié ici. Et ça fait bien plaisir de voir son nom sur papier glacé, j’auto-satisfactionne un peu, j’avoue. Je suis content que mon travail soit valorisé de la sorte, et d’autant plus alors que cet article est également en accès libre ici.
Initialement, cet article a été publié ici selon les termes de la licence libre Creative Commons BY-SA (comme l’ensemble des ressources autochtones publiées ici). Cette licence autorise la libre reproduction d’un contenu, sa libre diffusion, n’en interdit pas les utilisations commerciales, exige simplement que l’auteur soit cité et que ces mêmes conditions soient conservées pour toute utilisation ultérieure à la publication originale.
Cette licence permet donc la libre circulation d’un contenu tout en préservant la propriété intellectuelle de l’auteur, et en garantissant que ce contenu reste libre. Ce, contrairement à un copyright classique qui interdirait toute utilisation non expressément autorisée, alors que le but est bien de partager et donc de rendre accessible.
Et pour autant, l’auteur qui choisit de rendre un contenu libre ne perd pas complètement le contrôle de son travail, et notamment, la diffusion d’une ressource libre dans une revue ou un magazine "traditionnel" (non libre, donc incompatible avec la licence d’origine) implique une contractualisation particulière et une cession des droits, comme avec un copyright classique (en tout cas c’est ce qui s’est passé pour ce qui me concerne). Il est donc possible de partager librement en ligne du contenu, et de le valoriser par ailleurs en le "vendant" à un éditeur.
Voilà, c’était une petite anecdote histoire d’encourager les collègues à partager leurs idées, leurs trouvailles, leurs ressources, sans avoir peur de se faire voler ou spolier. Ce qu’on donne à la communauté on ne le perd pas soi-même, et se dire que chacun peut être riche des dons de tous, ça file un peu le vertige.
Les termes de mutualisation, de collaboration, de coopération ont été très récurrents ces dernières années. Maintenant on en parle moins, mais dans les faits ça évolue pas mal. Sur e-teach, par exemple, une grosse liste de discussion privée pour profs d’anglais, on évolue lentement et timidement vers le partage. De plus en plus de ressources sont mises à disposition avec Mediafire par exemple, mais subsiste encore beaucoup de partage très restreint, style "j’ai ci ou ça, si vous le voulez demandez le moi" [1]. Ainsi, les abonnés à cette liste ont accès à de plus en plus de ressources offertes par les utilisateurs, en plus de l’aide individuelle apportée par l’interaction entre inscrits qui peuvent y exprimer des besoins spécifiques et recevoir les réponses de tous : partage de ressources mais surtout entraide et partage ponctuel d’idées, d’informations, et de compétences.
Pour autant, ce système montre une grosse limite : la pérénnité des ressources partagées n’est pas assurée. En effet, l’info ou le lien donné, même s’ils sont accessibles à tous les inscrits, sont vite ensevelis sous la pile chronologique des nouveaux messages. La redondance des questions identiques, qui reçoivent n fois la même réponse, me laisse à penser que ce n’est pas un réflexe d’explorer les archives et d’y faire des recherches. Avec une liste, on a essentiellement accès aux discussions en cours, mais il est difficile d’accéder à une info passée perdue dans une file non classée autrement que par date, parce que ça n’est pas pratique. De plus, la nature "privée" d’e-teach lie irrémédiablement le destin de la communauté à la volonté d’un seul individu [2], sans garantie de durée d’aucune sorte.
A côté de ça, de nombreuses initiatives individuelles ont conduit et continuent à conduire à la mise à disposition de très nombreuses ressources (des plans de séquences, des exercices, des documents pédagogiques de toutes sortes), sur des blogs, des sites perso, souvent liés mais pas unifiés, chacun gardant son propre système, sa propre organisation. Mais ça reste marginal : obstacles techniques, timidité, peur que son travail soit détourné (ou jugé, voire tout simplement utilisé), les raisons sont légion pour ne pas mettre ses travaux sur le web en libre accès.
C’est ce qu’ont bien compris les collègues qui ont lancé l’idée d’Openenglishweb [3] : fournir un espace où l’on puisse organiser et mettre à disposition de tous les travaux de chacun, avec une structure associative pour dépasser l’initiative individuelle, avec un outil juridique : la licence Creative Commons (j’y reviens :)) pour permettre le partage tout en protégeant les auteurs du pillage, et un outil technique : le site, pour classer et rendre accessibles les ressources partagées. Pour l’instant, si le site openenglishweb.org reçoit chaque jours plusieurs centaines de visiteurs, une poignée seulement de collègues y partagent des ressources. On ne peut qu’espérer que ça s’équilibre un peu petit à petit, pour le bien de tous sans être au détriment d’aucun.
Liens
E-teach - liste de discussion sur l’enseignement de l’anglais
eteachnet - une autre liste, moins velue mais plus libre, les inscrits à cette liste peuvent également s’inscrire à iteachnet, centrée sur les TICE et l’entraide technique.
Openenglishweb - site associatif de partage de ressources pour l’enseignement et l’apprentissage de l’anglais
Mediafire - service gratuit (farci de pubs) de partage de fichiers - info
























